samedi, mars 10, 2007

Nuit

Treize jours sans posts... Je ne suis pas sûre de tenir un bon rythme, moi, ici. C'est pourtant pas faute d'avoir des mots dans la tête, des images, des choses à raconter... Mais... La vie a repris son cours et je crois que je lui donne raison.


En attendant, je vous laisse avec la nuit. L'heure de tous les possibles. Celle que je préfère. A bientôt...

dimanche, février 25, 2007

I'm still an alien

Pour ceux qui n'ont pas peur, mais alors vraiment pas peur, de faire des cauchemars...

CLIC

vendredi, février 23, 2007

I'm an alien

Depuis une heure, ses mains me survolent et je réponds à chacune de ses instructions: paupières fermées, rouvertes, tête inclinée, yeux en l'air... Ca me rappelle vaguement le permis: "allumez les phares, s'il vous plaît""hum... Et pour passer aux gros phares?""Bieeen, klaxonnez, maintenant...""clignotez à gauche". J'avais failli planter la voiture, ce jour-là, juste avant d'entrer sur le terrain de manoeuvres. Arf! Souvenir amusant...

Mon champ de vision s'est considérablement rétréci. Je ne vois que son pull, le bouton en bois de son pull (sympa...), son jeans, ses bras qui s'agitent dans tous les sens et son oeil, qui s'approche bizarrement, avant de s'éloigner, soucieux. Derrière, je devine d'autres gens: quelques aliens qui naissent, un félin triste et, sur ma gauche, un poisson plutôt convaincant. Moi, je n'ai aucune idée de ce à quoi je ressemble.

Un autre visage vient d'entrer dans le cadre. Il est doux, vaguement barbu, souriant, éminement sympathique. "Classe!" s'exclame-t-il avant de s'approcher dangereusement. La monture de ses lunettes n'est plus qu'à quelques millimètres de mon oeil. Mais j'ai appris à ne pas me focaliser sur l'avant-plan. Derrière, elle ne semble pas convaincue. "C'est propre!" continue-t-il. Il a pris un peu de recul et continue de m'examiner comme une bête curieuse. Je souris. Elle vient justement de me dire qu'elle trouvait ça sale. "Dans ce genre de contexte, le pire ennemi, c'est le perfectionnisme, poursuit-il pour la rassurer. A trop vouloir changer, on rend souvent le truc moins bon qu'il n'est au départ. Ici, il y a d'excellentes idées. Continue!"

Je vois, à sa grimace, que ça ne suffit pas. Elle est très exigeante et ce ne sont pas les compliments, même sincères, d'un gentil prof qui y changeront quelque chose. Ses mains recommencent à s'agiter en très gros-plan. Je me sens comme chez le dentiste. Sauf que rien ne me fait mal, ici, au contraire. Cette couche fraiche sur la peau a un effet terriblement relaxant. Elle m'examine sans me regarder vraiment. Moi, non plus, je ne la regarde pas. Je n'ose pas. Pourtant ce que je vois me fascine: l'artiste au travail, en proie aux doutes. Je lui demande de quelle planète je viens et quel genre de caractère j'ai. Elle me répond qu'elle ne sait pas. Je suis juste "pas très sympathique", me dit-elle. Ca me plaît.

Puis, elle s'attaque à ma bouche. Elle voudrait "des lambauds de chair". C'est atroce mais ça continue de me plaire. Les minutes passent et ma curiosité gonfle. Qui suis-je, pour les autres, à présent? Autour de moi, les animaux se font plus réalistes. L'oiseau, notamment, me stupéfie. Les extra-terrestres impressionnent moins, peut-être par manque de points de comparaison. Ils ne ressemblent ni à E.T. ni à Mars Attacks, du coup, mon esprit est perdu. La bouche est un passage délicat: j'ai l'interdiction de sourire, sous peine de gâcher son travail. Cette réalité-là est difficile à accepter mais je tiens le coup: de toute façon, les personnages "pas très sympathiques" ne rient pas.

Au bout d'une bonne demi-heure de travail minutieux, elle finit par m'annoncer que c'est terminé. Son oeil expert me regarde une dernière fois. Elle affiche la moue mitigée des gens qui s'évaluent très durement. Libérée de ma chaise, je prends une grande inspiration, plisse mes yeux myopes et court vers le miroir. L'image que j'y découvre me coupe le souffle. Une sorte d'alien-Hannibal-mort-vivant très bien fait a pris la place de mon visage. Je ne suis pas sûre de bien voir, sans mes lunettes... Je m'approche encore, colle un oeil sur ma bouche, remarque les lambauds... Brrrr! Elle est restée loin derrière, peut-être par peur de ce que j'allais dire. Je frissonne et la félicite. Franchement, j'ignorais que je pouvais être... "ça".

Depuis, elle a transformé une autre de nos amies en squelette et moi, je rôde la nuit autour des vivants, à le recherche de chair fraîche à dévorer...

dimanche, février 11, 2007

Le retour des mots

J'ai mal aux autres...
Les dernières images de Paradise Now viennent de s'éteindre, sur l'écran, plongeant mon salon dans le noir. Le générique, cruellement silencieux, défile devant mes yeux. Je n'y vois rien...
Mais je réalise que j'ai mal aux autres.
Et que ça ne partira jamais...

C'est comme la tâche d'encre sur mon pantalon ligné, celui des secondaires, mon préféré. Avec ses petites pattes d'éléphant, il me donnait l'impression d'avoir du style. Je devenais seventies, quand je l'enfilais, presque sexy. C'était rare... J'ai beaucoup frotté, fait des lessives, testé tous les produits, j'y ai cru. Mais c'est resté... Ma mère m'a dit que c'était normal. L'encre, c'est définitif. On n'y peut rien. J'ai jeté le pantalon... Mais je ne peux pas me jeter moi-même.

J'ai mal aux autres... De là vient ma tragédie. Moi qui flirte avec la petite vie tranquille des personnages de Klapisch (Chloé, Xavier, ...), moi qui n'ai rien à pleurer ou si peu. Moi qui ne saigne jamais. Je suis tragique, moi... Je rêve d'être Antigone et Juliette, je m'invente d'abominables destins. Je n'ai jamais compris d'où ça me venait. A présent, peut-être, je sais...
Les autres...

Les autres et le monde. Tout ce qui m'empêche d'être moi tout le temps. Moi seulement. Ils m'atteignent en plein coeur, les autres... Badabam! Souvent, je n'ai pas le temps de voir venir et ça me tombe sur la gueule. Le monde crie... Alors, je me protège. Feignant l'indifférence, ensevelie dans la timidité. Je me protège très bien. Mais j'ai mal, quand même. Et ce mal me fait du bien...

C'est terriblement égoïste, je m'en rends compte. Mais j'ai besoin de ça pour me sentir humaine, vibrante, vivante. Des gens vont mourir après Paradise Now. Des innoncents et un inconscient. Il est stupide, détestable, cet homme-là. Et pourtant il souffre...

Mon salon se rallume, s'anime... Je ne bouge pas.
Immobile, les yeux rivés sur la télé, je découvre que j'ai abominablement mal aux autres.
Et ça me fait du bien.

jeudi, février 08, 2007

Monsieur Neige

Parce que, pour le moment, les mots ne viennent plus. Du moins, plus ici... Parce que je ne parviens plus à raconter une vie bricolée qui ressemble à celle de Monsieur Neige: souriante mais fragile, remodelable, en attente.

Parce que je retiens ma respiration...

Parce qu'on a profité de cette neige comme si c'était la dernière, aussi, et que j'ai vu briller des yeux d'enfants. Parce que ces mêmes yeux, je les imagine, aujourd'hui, pétiller face aux flocons tout frais qui chatouillent les fenêtre de la classe.

Et puis juste pour le plaisir...
Parce que Monsieur Neige est beau...
(N'est-ce pas qu'il est beau?)

dimanche, janvier 28, 2007

Nue Propriété


La salle était dissipée pendant les bandes-annonces et je songeais à ce concours. "Exprimez, sous forme de texte libre, votre rapport au cinéma et aux films à travers le thème suivant : la lumière". On dirait une question d'examen... J'ai pensé à l'attente. A l'excitation quand les lumières s'éteignent. Puis, j'ai revu quelques images. La Femme de Gilles et sa lumière "tableaux". In the mood for love, baigné dans le rouge. Le film a commencé au moment où Wong Kar-Wai s'imposait comme une évidence.

Il se passe quelque chose, en ce moment, avec le cinéma. Il était bon (c'est pour ça que je l'aimais). Il est en train de devenir exceptionnel... Depuis Babel, je n'ai vu que des personnages attachants, des acteurs sublimes, des réalisateurs doués, des histoires poignantes. Bref: des films irréprochables. Mais où donc est passée l'imperfection? Que sont devenues les faiblesses? Qu'on nous les rende, merde!!! (à force, on finira par abandonner tout projet de courts-métrages...)

Après la chronique familiale douce-acide de Little Miss Sunshine, l'univers trouble de Joachim Lafosse dans Nue propriété apparaît comme une continuité intéressante. La famille s'y fait plus noire, plus grinçante, plus froide mais elle est, ici encore, habilement disséquée par un réalisateur qui nous renvoit en pleine face l'image d'un quotidien vrai, très vrai, tellement vrai qu'il en devient gênant. Les personnages sont attachants, dans leur noirceur comme dans leurs faiblesses. Ils sont beaux... parce que presque normaux. Irréprochable? Peut-être pas complètement. Le film est carré, très belge. Il a une humilité, une sobriété qui manque parfois un peu d'effusions. Mais cela ne l'empêche jamais d'être drôle et troublant, acide dans sa manière de dévoiler nos ennuis et nos doutes, nos envies d'ailleurs, nos barrières dans le présent. Et, rien que pour ça, je l'aime...

(Sinon, ma mère est tombée amoureuse des frères Rénier)


(Je crois que je peux la comprendre...)


mardi, janvier 23, 2007

Mon coeur est comme une porte de chiottes:
Y a plein de noms écrits dessus

(Pour ceux que le titre intriguerait, c'est "vu à la télé", dans un joli film intitulé "Toi et moi")

La ville, ce matin, s'était parée d'un élégant manteau d'hiver. Je crois que j'attendais ça depuis longtemps... Trop longtemps? Sur la place Poelaert, j'ai passé de longues minutes à me geler les mains en observant le panorama qui s'étalait sous mes pieds. La sauce de mon sandwich me coulait entre les doigts, ne faisant qu'accroître le froid et la désagréable sensation qu'une amputation serait probablement nécessaire lorsque mes extrémités se seraient changées en blocs de glace. Mais j'étais scotchée sur place, fascinée par l'étrange clarté du ciel. J'ai beau connaître cette vue par coeur, elle me donne toujours envie de voler...

Plus tard, mes pas sur les pavés me guidèrent vers des lieux dont j'ignorais l'existence. C'est souvent comme ça quand on croit connaître un quartier. On pense tout savoir de lui, pour l'avoir parcouru mille fois, sous la pluie, dans la nuit, sous un soleil brûlant, seul(e) ou en bonne compagnie, en courant, en tanguant, en riant. On croit qu'il n'a plus le moindre secret pour nous... jusqu'au jour où une impasse, dérobée, nous mène vers d'insoupçonnables nouveautés. C'est souvent comme ça, avec les lieux. Avec les gens aussi...

En remontant vers la gare, sandwich avalé et mains en cure de chaleur dans mes poches, je me suis souvenue d'une conversation surréaliste sur la signification des mots Je t'aime dans la bouche d'un Belge. Ou d'un Luxembouregois. Je n'ai jamais très bien su. Après, il y avait eu quelques mots d'Espagnol, dont je voulais connaître la signification exacte.

- Pourquoi tu veux savoir ça? m'avait-elle demandé en essuyant une assiette.
- Pour rien... avais-je répondu.

Mais je ne sais pas si c'était "rien".
Et je crois que je ne le saurai jamais...

mardi, janvier 16, 2007

On les aura croqués, nos rêves d'enfant...

Hier, j'ai enfourché mon vélo pour la première fois depuis une éternité... (ce n'était d'ailleurs pas mon vélo, qui rouille quelque part au fond de mon garage, mais celui de ma gentille maman) J'ai roulé deux minutes et je me suis retrouvée au milieu des champs. Des fois... c'est rare mais ça arrive... j'aime bien habiter Wezembeek-Oppem.


Hier, je suis partie en quête de photos pour la première fois depuis une éternité. Je ne maîtrise pas encore totalement le fonctionnement de mon appareil photo, qui a tendance à rougir tout ce qu'il voit. Mais je l'aime bien quand même. Des fois... c'est rare mais ça arrive... c'est cool d'être au chômage.



Hier, je me suis remise à écrire pour la première fois depuis une éternité. Ou plutôt, je me suis remise à aimer écrire. J'ai redécouvert ce que ça faisait de manger en pensant à la façon dont on va agencer les mots, de se laver en voyant se dessiner les personnages et de faire des insomnies en réfléchissant à la meilleure manière de faire avancer l'intrigue. J'ai redécouvert l'état de dépendance. Le besoin de "ma dose". Tous les jours. Et des fois... c'est rare mais ça arrive... c'est bon de se sentir dépendante.


jeudi, janvier 11, 2007

Résolutions

En 2007...



















- Je flâne dans Bruxelles
- Je m'achète des fringues
- Et je fais des photos.

Je fais des trous dans des billets

Bip, biip!
Bip, biiip!

Njein?
Bip, biiiip!
Quoi encore?
Bip, biiiiiip!
Quoi, 2007?!?
Déjà?
Bip, biiiiiiip!
11 janvier 2007?
Nooooooon!
Bip, biiiiiiiiiiiiip!

Ah ben si...
11 janvier 2007! Je viens d'ouvrir un oeil après une longue hibernation dans la caverne des petits plaisirs de fin d'année et je constate qu'autour de moi... c'est bizarre. Rien n'a vraiment changé. Il y a toujours ce cocon protecteur formé par les bras rassurants de mes proches. Et leurs sourires complices. Mais quand je regarde par terre, j'ai comme une drôle de sensation. Un genre de... vertige. C'est quoi cet élastique autour de ma cheville droite? Et ce vide, là, sous mes pieds? Bordel, c'est haut! Quoi, "sauter"? Vous voudriez qu'je saute? Vous rigolez ou quoi?

Pour la première fois de ma vie, je me rends compte que je n'ai aucune idée de ce que je ferai dans un mois. Ni de ce que je serai. Je m'imagine coopérante en Bolivie, ou libraire, ou pigiste. Un rêve succède à l'autre avec une rapidité déroutante. Depuis quelques heures, je suis une parfaite petite médiathécaire, dans ma tête. Une médiathécaire qui a son appart quelque part à Saint-Gilles. Une médiathécaire amoureuse.

Mais qu'est-ce que j'ai comme point commun avec cette fille-là, exactement?
Ben...
Pour l'instant...
Rien...

J'ai juste un élastique, autour de la cheville droite.