
En attendant, je vous laisse avec la nuit. L'heure de tous les possibles. Celle que je préfère. A bientôt...
C'est beau, une ville, sous la pluie...


Parce que, pour le moment, les mots ne viennent plus. Du moins, plus ici... Parce que je ne parviens plus à raconter une vie bricolée qui ressemble à celle de Monsieur Neige: souriante mais fragile, remodelable, en attente.
Parce que je retiens ma respiration...
Parce qu'on a profité de cette neige comme si c'était la dernière, aussi, et que j'ai vu briller des yeux d'enfants. Parce que ces mêmes yeux, je les imagine, aujourd'hui, pétiller face aux flocons tout frais qui chatouillent les fenêtre de la classe.
Et puis juste pour le plaisir...
Parce que Monsieur Neige est beau...
(N'est-ce pas qu'il est beau?)
Il se passe quelque chose, en ce moment, avec le cinéma. Il était bon (c'est pour ça que je l'aimais). Il est en train de devenir exceptionnel... Depuis Babel, je n'ai vu que des personnages attachants, des acteurs sublimes, des réalisateurs doués, des histoires poignantes. Bref: des films irréprochables. Mais où donc est passée l'imperfection? Que sont devenues les faiblesses? Qu'on nous les rende, merde!!! (à force, on finira par abandonner tout projet de courts-métrages...)
Après la chronique familiale douce-acide de Little Miss Sunshine, l'univers trouble de Joachim Lafosse dans Nue propriété apparaît comme une continuité intéressante. La famille s'y fait plus noire, plus grinçante, plus froide mais elle est, ici encore, habilement disséquée par un réalisateur qui nous renvoit en pleine face l'image d'un quotidien vrai, très vrai, tellement vrai qu'il en devient gênant. Les personnages sont attachants, dans leur noirceur comme dans leurs faiblesses. Ils sont beaux... parce que presque normaux. Irréprochable? Peut-être pas complètement. Le film est carré, très belge. Il a une humilité, une sobriété qui manque parfois un peu d'effusions. Mais cela ne l'empêche jamais d'être drôle et troublant, acide dans sa manière de dévoiler nos ennuis et nos doutes, nos envies d'ailleurs, nos barrières dans le présent. Et, rien que pour ça, je l'aime...
(Sinon, ma mère est tombée amoureuse des frères Rénier)
(Je crois que je peux la comprendre...)

Hier, je suis partie en quête de photos pour la première fois depuis une éternité. Je ne maîtrise pas encore totalement le fonctionnement de mon appareil photo, qui a tendance à rougir tout ce qu'il voit. Mais je l'aime bien quand même. Des fois... c'est rare mais ça arrive... c'est cool d'être au chômage.

Hier, je me suis remise à écrire pour la première fois depuis une éternité. Ou plutôt, je me suis remise à aimer écrire. J'ai redécouvert ce que ça faisait de manger en pensant à la façon dont on va agencer les mots, de se laver en voyant se dessiner les personnages et de faire des insomnies en réfléchissant à la meilleure manière de faire avancer l'intrigue. J'ai redécouvert l'état de dépendance. Le besoin de "ma dose". Tous les jours. Et des fois... c'est rare mais ça arrive... c'est bon de se sentir dépendante.