jeudi, avril 12, 2007

Lazzy days in the sun

Je suis décidément un peu lâche... Quand il m'a dit que je devrais attendre 10 minutes, pour le sandwich, j'ai répondu que ce n'était pas grave. Mais ça ne m'a pas empêché de filer à l'anglaise, juste après, quand il m'a tourné le dos... Je crois que je n'avais pas faim, en fait. Et puis, j'avais envie de voir ce parc.

Je me demande comment il s'appelle, ce garçon. Sébastien, peut-être? Seb. Ca lui va pas mal. Chez Exki, il s'appelait Aurore, le gars. C'était écrit sur mon ticket de caisse et ça m'a fait rire, quand je l'ai vu... Il faisait beau, ce jour-là, je mangeais des pâtes sur la grand-place de Louvain-La-Neuve en me disant que c'est bizarre, la vie, des fois... Ca se retourne sans qu'on sache exactement pourquoi.

Dans le parc, des gosses de toutes les couleurs jouaient à cache-cache entre les arbres et les rochers. Malgré leur dizaine d'années, fièrement affichée, ils gardaient une fraîcheur enfantine qui m'a fait sourire. J'ai regardé le minuscule lac avec émerveillement. Un petit Montsouris bruxellois, c'est toujours chouette à découvrir... J'ai emprunté à peu près tous les chemins, sans m'arrêter, parce que je n'avais rien à y faire. Mais j'ai décidé que je reviendrais. Puis, quelque part, dans un coin, j'ai croisé un gardien, Yassin peut-être, ou quelque chose comme ça, qui m'a regardée passer sans un mot. J'avais amorcé un sourire en sa direction, ravalé au tout dernier moment, par timidité, je suppose. Il avait de grands yeux tristes et ténébreux que j'ai senti peser sur mes épaules, pendant de longues secondes. J'aime et je déteste ce genre de regard. J'ai accéléré le pas pour m'en défaire. C'est con... Si son effroyable désir de tendresse pouvait coïncider avec le mien, ce serait vraiment bien. Mais ce n'est pas le cas... Et ce n'est pas la première fois que je me dis ça, cette semaine...

samedi, avril 07, 2007

Mademoiselle paresse

... à Paris. Ah ben non, tiens, ça marche plus, c'est dommage.

J'avais l'intention de l'utiliser l'année dernière, ce titre*, pour un post qui parlait de la piscine de la Butte aux Cailles. Et puis... J'ai eu d'autres choses à faire. Alors, j'efface le décor et les protagonistes, je change le cadre, le point de vue et la lumière mais je garde l'action: la paresse. Premières bières au bord de l'étang et quelque chose de l'été, déjà, quand j'entends le monsieur des "béééles frééés" (traduisez: belles fraises, cinq/vijf euros/kilo, livrées à domicile par camion ambulant) passer avec son haut-parleur qui n'a pas changé depuis 20 ans. Je me souviens que j'avais peur, à l'époque. J'ai même vaguement l'impression de m'être cachée sous la table une fois, parce que ça sonnait comme la guerre et les hélicoptères, que la voix était sinistre, intrusive et qu'elle venait de nulle part. Dieu?

Quelque chose de cette glande délicieuse qui vous saisit sans honte quand vous avez des choses à faire tous les soirs et qu'en plus, vous travaillez un peu la journée. L'impression de ne plus devoir réfléchir à toutes ces choses. Euh, en fait, j'ai pas d'appart, pas de boulot, pas de copain... Moi non pluuuus! C'est dingue, on est pareilles! Des amis qui manquaient et que je retrouve. D'autres qui passent, sont passés, reviendront peut-être, ou peut-être pas. Il est 14h03 et je suis encore en pyjama. Mais tout est normal...

Piqué à Bénabar, bien sûr... (je n'écris plus de mémoire cette année mais j'ai gardé l'habitude de citer mes sources)

dimanche, avril 01, 2007

Bye Bye Brussels

C'est un panneau un peu pompeux, que je vois presque tous les jours. "La région de Bruxelles-Capitale vous dit au revoir." En quatre langues. D'habitude, je le remarque à peine. Mais là, je viens de Flandre, je retourne en Flandre, j'ai passé juste quelques secondes en région bruxelloise, alors, la quitter si vite... C'est un peu dommage.

Pour une fois, je lis le texte attentivement et prend le temps d'y penser. Il me fait rire. "Bruxelles-Capitale". Vous en connaissez beaucoup, vous, des villes trois fois capitales, qui ont besoin de se rassurer comme ça? Moi pas...

Bien que je m'en défende, j'ai un peu de cette arrogance bruxelloise, détestable, qui pourrit les milieux branchouillosnobs. J'ai toujours dit que si je restais en Belgique, c'était Bruxelles ou rien. C'est stupide parce que je sais que ce n'est pas vrai. Leuven est si charmante le samedi matin, et elle est loin d'être la seule. Je m'habituerais à tout, même à Charleroi. Mais Bruxelles... c'est différent. Et depuis hier, je sais pourquoi. Cette ville, c'est moi!

Amusons-nous un instant: portrait chinois. Si vous étiez un animal, vous seriez quoi? Moi, un chat. Une fleur? Un delphinium (ben tiens... remarquez que j'aurais pu exploiter le même filon pour l'animal et qu'au lieu de ça, j'ai été chercher BEAUCOUP plus loin :D) Un mot? Epoustouflant, parce que ça sonne bien. Une ville? Venise pour son mystère. Barcelone pour sa fantaisie. Sauf que tout est plus belge, chez moi, la fantaisie, le mystère, plus discrets. Donc Bruxelles et rien qu'elle. Joyeux bordel, bourré de contradiction, ville qui doute, ne sait pas qui elle est, ne sait pas où elle va mais qui s'affirme, doucement, parfois. Oui, pas de doute. Bruxelles, c'est moi.

(au fait, un delphinium, c'est ça)


Et vous? Mélie demande à ses lecteurs de lui raconter des choses parfois. Des rues. Des matins. J'aime bien ce concept. Racontez-moi vos villes. Celles qui vous ressemblent... Merci d'avance! (enfin vous zêtes pas obligés, hein, non plus, c'est juste les gens qui ont envie...)

Je vais bien, ne t'en fais pas

La mère apparaît dans le coin droit de l'écran, les yeux plein de larmes. La scène est insoutenable. On croyait que tout allait mieux, que c'était en voie de s'arranger. On se trompait. Tant de non-dits, de souffrances dissimulées, ça ne s'efface pas si vite.

Sa fille l'interroge de la voix, du regard. Qu'est-ce qu'il y a? Tout son être est en quête de réponses et j'ai peur de ce qui va se passer, là. J'ai peur de la tragédie à fleur de peau, qui menace d'exploser à tout instant. J'ai tort d'avoir peur, pourtant. C'est juste... le rosbif qui a brûlé. Il y a une demi seconde, je peinais à retenir mes sanglots. A présent, j'éclate de rire. Ce film est une merveille. Comment se fait-il que je ne l'aie pas vu plus tôt? A ma droite, je vois des larmes qu'on essuye discrètement. Ma mère, d'abord. Et puis mon père. Je fais semblant de ne rien voir mais je suis touchée. Par tout ce qui m'entoure: le film et cette pudeur, parfois encombrante, qu'ils m'ont transmise, que j'ai appris à aimer, ces faiblesses qu'on se cache pour se protéger les uns les autres. Je vais bien, ne t'en fais pas... C'est ça. Précisément. (et c'est beau...)

mardi, mars 27, 2007

Du bonheur

En ces jours de printemps, sous le soleil généreux: un peu de langueur. Un peu de solitude aussi, si on compare à l'année dernière. Mais rien de grave. D'autant qu'il y a cette odeur de camping dans l'herbe coupée et cette lettre enfin écrite (ça fait quatre mois, quand même...), ces promenades à vélo (Phiphine fait du sport, épisode 8), cette nature étalée en pleine ville et ce lapin en peluche sur le bord du chemin, souriant. Du bonheur...

mardi, mars 20, 2007

Nous avons joué aux sentiments Nous avons joué aux sentiments Mon amour

Quelque chose a cogné contre ma tête, quelque chose de léger, et j'ai ouvert les yeux. Le soleil était monté haut dans le ciel. J'ai cherché d'où venait le projectile mais je n'ai trouvé personne. J'étais seule. Seule dans ce monde éclaboussant de lumière. Alors, je me suis frotté les yeux, pour les laver du sommeil, et j'ai regardé autour de moi. C'était beau. C'est comme ça que j'ai décidé que je ne refermerais plus jamais les paupières. Jamais. J'avais 4 ans.

Mon horizon s'est élargi, à présent, mais je continue de m'émerveiller pour un rien. Hier, entre deux CD: une feuille d'agenda chiffonée, aussitôt empochée. Pour plus tard... Je me demande ce que je pourrai bien faire de quelqu'un qui aime les Katie (Tunstall, Melua) et qui fait des listes avant d'aller à la médiathèque. Mais qui sait? Plus tard, peut-être... Aujourd'hui, autre médiathèque et autres CD: sept albums à avaler goulument, comme les semaines précédentes. 31 Knots en ligne de mire. "Vous avez été au concert?" Mon interlocuteur a une voix douce, qui caresse les tympans. "Non... Je découvre." Ca fait trois jours que je sais qu'ils existent, en fait. Il me dit que lui non plus ne les a pas vus, qu'il les a toujours manqués, et, dans son sourire timide, je lis un peu de déception. "C'est pas grave, la prochaine fois, on ira ensemble..." Mais je me mords les lèvres. Je n'ai pas le courage pour ces trucs-là. Je n'ai pas le courage pour grand chose, à vrai dire. Je sors de la médiathèque avec un sourire au coeur, et un peu de nostalgie. Dans le tram, les gamins de Don Bosco succèdent à ceux de Crommelynck et de Mater Dei. Une femme franchit les portes après avoir embrassé un enfant. Mais quand mon regard se pose sur cet enfant, quelques instants plus tard, c'est une petite vieille que je découvre, agrippée à la barre métalique, fragile, qui me fait penser à ma grand-mère. Sourire et nouvelle vague de souvenirs. Je change d'humeur pour la 32ème fois de la journée. Moi aussi, je suis lunatique, je crois. Ca ne m'écoeure pas spécialement mais ça me fatigue. Parfois...

Sinon, quatre euros trente le paquet de tabac. Un jour j'arrêterai de fumer...

Je l'aime, cette ville, parfois...

vendredi, mars 16, 2007

Des mots d'amis mixés (les mots, pas les amis)

Lus dans la fameuse caisse (cf. poste suivant), entre les cartes du Ponte Vecchio et les bouts de papiers chiffonnés, qu'on se balançait sur les bancs de l'école. Des mots d'amis, sans grande connotation affective, des mots drôles et touchants, mixés pour en faire une nouvelle lettre, imaginaire...

Chère Salut (V. dit que ça fait plus copain-copain) Fille Fine,

Comme tu peux le constater je t'écris sur une feuille réglementaire. Je me suis dit que je devais bien te faire cet honneur vu mon retard dans nos correspondances. Comment vas-tu? Moi, j'ai ri toute seule sur tout le chemin, en repensant à ton histoire. Les gens devaient me prendre pour une folle mais c'était drôle... D'ailleurs, si tu ne veux pas me vexer, souris en lisant ces lignes (si je suis près de toi, évidemment, sinon, t'auras l'air bête)

A part ça, comment se sont passées tes vacances en Italie? Ici, en Bretagne, on s'embête un peu parce qu'il ne fait pas assez chaud pour se baigner, alors on joue au cartes mais ça fait presque une semaine, c'est un peu long. La France a battu l'Italie en demi-finale (NDLR: les temps changent...) et toute ma famille est au bord du suicide collectif. J'ai été revoir le Huitième Jour. J'ai autant aimé que la première fois. J'espère pour toi que tu l'as vu.

Je n'ai plus beaucoup d'idées, donc, je te laisse.
Mais à regrets...

Bisous, bisous,

X (NDLR: Ceci est un prénom fictif)

PS: Ce serait cool si tu me répondais, j'ai quand même pris 1/2h de mon temps pour t'écrire.

Les mots les mots c'est du roman

Hmmmm! C'est tellement bon, ce soleil! (dommage qu'il faille toujours attendre l'arrivée du nuage pour s'en apercevoir) Et ce début de printemps, languissant! Une semaine de bonheur vient de s'écouler. Qu'en ai-je fait, exactement? Je ne sais pas... J'ai toujours un problème avec ces questions. Ah, tu bosses une journée par semaine? C'est bien, ça! ... Et le reste du temps, tu fais quoi? Capitalistiquement: rien. Humainement, personnellement, je crois que je fais pas mal de choses. Je vis et ça me fait plaisir, déjà. C'est pas si mal.

Tout à l'heure, en cherchant une lettre, je suis retombée sur une caisse incroyable: toute mon adolescence résumée sur des petits bouts de papier. Une caisse si chargée en souvenirs que j'ai du mal à l'ouvir, d'habitude, de peur de m'y noyer. J'ai relu quelques phrases, au hasard, et tout a ressurgi... L'école, surtout. La période où les mots ne s'accumulaient pas dans les machines, l'époque où on n'avait que nos poignets pour dire les rêves, les rires, les frustrations, la colère, l'amour déchu, tâtonnant, écoeurant, l'amour foiré, et parfois (mais c'était plus rare...) l'amour réussi.

Je n'ai pas trouvé la lettre que je cherchais mais j'en ai trouvé une autre: une enveloppe jaune qui, il y a deux ans de ça, aurait provoqué des tragédies... Aujourd'hui, j'ai pu lire ce qu'elle contenait sans larmes ni regrets. Il avait des mots justes, finalement, des mots que je comprends tellement mieux avec le recul. C'est un garçon très bien. Et moi, j'ai grandi... C'est bien aussi. Par contre, quand je pense aux lettres que j'ai écrites... à ces mots maladroits et stupides qui trainent peut-être aussi dans des caisses poussiéreuses, susceptibles d'être relus par leur destinataire, tant d'années plus tard, brrrr... Je ne peux m'empêcher de frissonner. (Hé ouais... Vanité, quant tu nous tiens... :))

mardi, mars 13, 2007

J'ai si peur des conséquences Des actes manqués quand j'y pense

- J'ai dormi 8 heures, la semaine dernière, donc...
- Quoi, tu veux dire, 8h... sur toute la semaine?

Elle acquiesse et je m'étonne de la voir tenir debout. Elle en rajoute ("cette nuit, une heure!"), j'ouvre de grands yeux, hésite à lui demander pourquoi... Et puis non. On s'est vues trois fois, on a dû échanger une dizaine de phrases (in 't Nederlands, en plus...), c'est trop tôt pour qu'elle me raconte ses angoisses d'insomniaque ou son nouvel amant, superperformant. Trop tôt pour faire comme si on se connaissait. Je m'en tiens au dessin de son fils, quatre ans, une princesse, et la quitte sur un sourire. Sont mignons, à cet âge-là...

Il y a quelque chose de Paris dans ma vie, ces jours-ci. Quelque chose de doux comme le soleil et cette facilité à parler aux gens. Quelque chose de parresseux comme cette envie de traîner, de se rouler dans l'herbe. Quelque chose d'audaciaux aussi. La jupe sortie aux premiers rayons de printemps, alors que toutes les autres sont encore en jeans, qui aurait pu croire? Pas moi... J'ai rêvé que j'y retournais, cette semaine. Deux fois. Mais il n'y avait plus personne, c'était nul, et je me rendais compte que je préfèrais Bruxelles... C'est bien, de rêver, parfois.