jeudi, octobre 04, 2007

Les gens bourrés

Les gens bourrés au champagne ne sont pas comme les autres. Ils sont beaucoup plus... chics. Ils cassent leur verre par inadvertance et s'excusent en riant. Oh pardon! Huhuhu! Hu...
Les gens bourrés au champagne sourient béatement. Ils ont des bulles dans les yeux, dans la tête, partout. Les bulles de la Communauté française... Vous savez? Celle qui n'a d'argent pour rien, sauf pour les fêtes sans doute. Car pour les fêtes, oui... Elle régale plutôt bien...

Petite souris avide d'observation, je suis là, quelque part dans cette foule. Et je m'emplis les yeux. Que diantre fais-je ici? J'embrasse des gens, à droite, à gauche. Salut! Oui, oui, ça va et toi? Ta première s'est bien passée? et puis, je m'enfuis. J'vais chercher à boire, hein! Pour éviter le moment gênant où on n'aura plus rien à se dire... C'est snob mais ça m'amuse follement. Et puis, ce n'est pas Paris, ici. Et ce n'est pas du théâtre, non plus. C'est du cinéma. Il y a là quelque chose de plus brut. Et de plus authentique. Curieusement...

Dans le train, déjà, je m'étais assise en face de l'un d'eux. Sans le savoir. Sans le vouloir, surtout. Ah tiens salut! Situation embarrassante, qui nous a fait sourire longuement. Muettement. Il a essayé de dormir un peu, j'ai sorti mon mp3 et puis, on a fini par se parler. Ce gars, qui a terriblement l'air d'un étudiant, a une place importante au Cabinet de la ministre qui organise la fête. Je me demande... Je me demande comment il arrivé là. Mais je ne le lui demande pas. On parle boulot, et forcément passion. Lui est nettement plus blasé. Trois ans d'expérience, dans les labyrinthes politiques. On sent que ce n'est pas facile tous les jours.

Le film, ensuite, est plutôt mauvais. Mais qu'importe... C'est mon patron qui produit et j'ai dit que je serais là, alors... Je veux voir. Je veux voir à quoi ça ressemble le monde audiovisuel francophone qui fait la fête. Et finalement, c'est pas mal. Ce n'est pas mon monde mais ce n'est pas un monde hostile non plus. Petite souris perdue dans la foule, je suis une "imposteuse" qui rigole, se régale... et qui boit du champagne. Une imposteuse heureuse.

jeudi, septembre 27, 2007

En retard, toujours...

Bruxelles. Autoloze zondag.


(J'aime toujours mais...) Je ne regrette plus Paris.

Chagachagaaaaaa!

Je les nargue... Dès que je peux j'enlève chaussures, chaussettes, retrousse mes pantalons et balade mes chevilles sanguinolantes dans tout l'appart. Objectif officiel: prouver qu'il n'y en a plus, que c'est fini l'aspirateur tous les jours, la voisine qui me prend pour une toquée du ménage et la parano dès que je sens le moindre début de chatouillement sur mon épiderme. Objectif officieux: accepter qu'il en reste mais seulement quelques-unes et les apâter sur mes pieds pour les envoyer finir leur vie dans la cuvette des WC.

Le matin, j'ai adopté un rythme nouveau. Je me lève, je me gratte, je me lave, je me gratte, je m'habille, je me gratte et je quitte l'appart une demi-heure plus tard, sans avoir rien avalé. Petit déj sur la route, ça permet de tester les boulangeries du coin. La première m'a un peu déçue. A présent, je vise l'échelon supérieur, "l'éclair doré". Chaque soir, quand je rentre, il déborde de clients préparant la rupture du jeûne. C'est bon signe, je crois...

La suite de la journée est d'une légèreté plumesque. J'avale mes couques en marchant, fais signe au balayeur jongleur qui sifflote dans la rue Potagère et m'engouffre dans la bouche de métro, torride. Sourire aux lèvres. Je ne parviens pas à me lasser, de tout ça... Et peut-être même que je regretterai les puces, quand j'aurai réussi mon génocide par noyade et aspirade.

Aaaah. Monde cruel.

mercredi, septembre 19, 2007

Belgiek

Je commence à avoir des craintes pour mon pays.
Absurde Belgique du compromis qui, aujourd'hui, semble s'être enrayée.
Plus de 100 jours sans gouvernement...
Je savais que ça allait être difficile, que les urnes avaient livré un résultat bizarre.
Mais...
Je pensais qu'on s'en sortirait dans une blague, comme souvent.
Et ce ne sont pas les blagues qui ont manqué.
Un premier ministrable qui confond Marseillaise et Brabançonne.
Une liste de solutions "secrètes" qui s'étale dans les médias.
Une mise en vente de la Belgique sur eBay.
Une pétition pour son maintien.
Des pseudos accords, des non, des (madame) nee.
Des (in)formateurs, des négociateurs, des démineurs, des explorateurs...
Mais...
Je commence à avoir des craintes... Et des énervements.
Contre les politiques, les cyniques, les média-tics.
Je sais pour avoir voulu exercer ce métier que c'est excitant, d'envenimer les choses.
Les catastrophes et les ruptures, les craintes et les crises, tout ce qui change de la routine est journalistiquement beau.
Je me souviens d'un certain 11 mars, à Madrid. Je m'en souviens bien même si je n'y étais pas... A Bruxelles, ce jour-là, au 11e étage d'un bâtiment universitaire, quelques jeunes gens s'entraînaient à devenir journalistes. J'étais de ceux-là.
Je me souviens qu'on avait déjà fait la réunion de rédaction quand il a fallu tout chambouler parce que des gens étaient morts en Espagne.
Je me souviens de l'égarement, du choc.
Je me souviens aussi de l'adrénaline.
Je sais, pour avoir voulu exercer ce métier, que c'est excitant, ce qui va mal.
Mais...
Au-delà des exagérations que je relève dans les médias, je commence de mon côté à avoir des craintes.
Pour mon pays.

lundi, septembre 10, 2007

Avant elles...

Alors voilà? C'est si simple que ça? J'ai déclenché deux fois l'alarme du bâtiment entier et personne n'a rien dit? Personne ne sait???

Bah...

On aurait tort de s'angoisser, parfois...

C'est que j'aurais pu me dénoncer, quand même! Appeler la police, leur dire que c'était juste moi, pas grave, que je cambriolais simplement mon bureau... Sauf qu'il y a eu les puces et que, finalement, l'alarme, j'étais moi même pas loin de l'oublier. Comme tout le monde... Tout le monde se fout éperdument de ce truc. Mais ça sonne. Absurde! Et mes chevilles me démangent.

Mon ventre est boursouflé. J'crois que j'ai la rougeole...

Ou la gale?

Ca ressemble à quoi la gale? Ca chatouille?

Moins que les puces, sûrement... Tout chatouille moins que les puces. Pourtant, faut pas croire, c'est vachement mignon, ces bêtes-là. Minuscules. Sautant de joie en tous sens quand elles vous voient. Bien plus sympas que les araignées. Jamais on ne les croirait capable de faire ça. Et pourtant... Elles le font. Avec une voracité et un talent qui fascinent. Voire un certain sens de la symétrie. Un bouton sur chaque auriculaire. Deux sur les paumes. Un dessin savamment construit autour des chevilles. Puis des points distillés sur toute la jambe. Impossibles à compter.
Saletés!

N'empêche... Elles me remettent à ma place, ces pestes. Tantôt, j'ai pris la rue Potagère et la rue Traversière pour rentrer. C'est moins long et pas plus mal que par la rue Saint-Alphonse. Mais j'ai réalisé que je ratais la maison de Li., Lu., W. et C. et j'ai souri. Leur "place à vélo" dessinée devant la porte, leurs soirées merveilleuses, sans rideau, offertes au regard du passant curieux... Tantôt, j'ai flâné sous un soleil d'automne... Et j'ai pensé. "S'il n'y avait pas ces puces, je serais parfaitement heureuse."

Avant elles, je ne me disais pas ça...

lundi, septembre 03, 2007

Les lumières de la ville

Alors, voilà... Il n'y aura plus d'hiver... C'est vrai... Sauf que cette année, c'est l'été qui nous a fait faux bond. J'ai un peu hésité, ce matin, à sortir mon gros pull. Mais il faut se faire une raison. Pâle septembre fait ses premières armes et, avec lui, les écharpes, les filles emmitoufflés dans des cols roulés et quelques garçons, plus rares. Alors non... Il n'y aura sans doute plus d'hiver. Un jour... Mais en 2007, nous n'avons pas eu d'été.

Etrange année! Indéfinissable. Que j'aime pourtant profondément. Tout a changé. Sauf une chose, peut-être: comme les enfants, je repousse l'heure du coucher. Encore. Toujours. Mais je ne suis plus une enfant. Je l'étais peut-être encore un peu en 2006, à la même époque. Aujourd'hui, c'est fini. Je mange des petits fours au milieu des producteurs de cinéma. Je bourre mes week-end de "trucs à faire (lui...) que je n'ai pas le temps d'envisager pendant la semaine". Et de la fenêtre de mon appart -"Mon" appart! Celui qui, la semaine dernière, était encore celui de D.!- je vois des images merveilleuses.

Comme ça.

Ou ça...


J'accepte comme normales des choses qui, hier encore, ne l'étaient pas du tout. Elles ne le sont pas plus aujourd'hui. Mais j'ai grandi, et je suppose que c'est bien...

dimanche, août 26, 2007

L'heure blanche

C'est l'heure où les rues de la ville sont comme éteintes malgré les réverbères qui continuent pâlement d'éclairer les débris de la nuit. L'heure où les bouteille sont devenues cadavres et ceux qui les ont bues, zombis. L'heure des regards fuyants, du corps qui crie sommeil et des âmes en peine, qui rasent les murs. Celle où, quand on croise quelqu'un qui invite à prendre un verre, on s'enfuit... prétextant qu'on n'a "pas l'temps", sans mentir vraiment puisqu'on a rendez-vous avec son lit.

C'est l'heure blanche. Une heure que je n'avais plus connue depuis longtemps...

Paris et les premiers métros qui me ramenaient à la Cité U. Parfois. Je crois que ça date de là... A Bruxelles, les lits qui m'accueillent à l'aube sont souvent situés au centre ville. Du coup, je n'ai pas à sortir et je ne connais pas, tout ça... Louise, le samedi matin, quand les gens s'agglutinent sur le quai en attendant 6h05. Le monde! C'est le monde qui surprend d'abord. Quand on vient de la ville vide, vidée, presque morte, et qu'on débarque dans la station, persuadée - là réside l'erreur fatale - de ne croiser qu'un pelé, deux tondus, l'un ou l'autre noctambule, le pauvre travailleur du matin et c'est tout, on se prend le monde comme une giffle. Louise, le samedi, 6h, c'est un peu le rendez-vous ultime, l'endroit où se retrouvent tous les vaillants qui sont encore debouts. Commence alors la phase d'observation et de questionnement. Où va-t-on appuyer son petit corps meurtri pour lui permettre de tenir jusqu'à l'arrivée du métro? Entre la bande de jeunes en shorts et chemises hawaïennes, les vieux saoûlots qui affichent leurs cernes, les gens apparemment clean et ceux qui ont du mal, affalés, couchés, la tête dans les mains, on a intérêt à bien choisir son voisin (éviter, en particulier, celui qui risque de vous vomir dessus... C'est particulièrement important quand votre propre estomac a déjà un peu de mal avec le Quick que vous lui avez imposé quelques heures plus tôt)

Si l'heure blanche ramène chez eux bon nombre de gens heureux, emballés par la nuit qu'ils viennent de passer, ravis d'avoir tenus si longtemps, elle n'en laisse résolument rien paraître. Car elle est fatiguée, l'heure blanche. Fatiguée et triste. La nuit donne son dernier assaut avant que l'aube, brumeuse, ne s'empare de la ville. Assaut désespéré et vain, qui expire en larmes: la nuit pleure, de mourir si vite.

Que faisais-je, moi, excatement, dans tout ça? A vrai dire, je ne sais pas... Pas plus que je ne sais comment ça a fini, à quel moment l'aube a gagné sur la nuit ni même comment j'ai fait pour garder les yeux ouverts jusqu'à l'arrivée du métro. Je ne sais plus si cette heure, qui était une vraie heure avec soixante vraies minutes, m'a semblée longue ou courte, si j'en ai souffert ou joui, si j'ai eu peur, un moment, de ne jamais retrouver le chemin de mon lit. Ne me reste, en fait, qu'une certitude: au moment de m'écrouler dans mes plumes j'avais la satisfaction non seulement d'avoir passé une nuit d'enfer mais celle, aussi, d'avoir connu, et maîtrisé, l'heure blanche. Délicieux!

vendredi, août 17, 2007

Angoisses politiques

Je viens de croiser un sosie de Didier Reynders dans l'avenue Louise et, à mon grand désespoir, il avait l'air sympa.

J'me console en me disant que c'était sûrement pas lui...

dimanche, août 05, 2007

Ne pas avoir la nostalgie comme unique contenu

Ce matin, pendant que le Dow Jones, le CAC 40 et le Bel 20 perdaient des pourcents et que l'humanité insouciante (+ les vaches! N'oublions pas les vaches!) continuait de rejeter allègrement des tonnes de CO2 dans l'atmosphère, il m'est arrivé un drôle de truc: j'ai rencontré mon double!

Ca s'est passé à Arts-Lois. Elle était assise tout au fond de la station, précisément à l'endroit où j'avais prévu, moi, d'aller tuer les 4 minutes qui me séparaient de l'arrivée de mon métro. Sa petite silouhette, de loin, me rappelait vaguement quelqu'un mais j'aurais été proprement incapable de décider qui. Ce n'est qu'en m'approchant que j'ai constaté qu'elle croisait les bras comme moi et arborait des fringues, une coiffure, une attitude qui auraient tout aussi bien pu être miennes. Ca a brutalement refroidi mon désir de m'asseoir sur ce banc, là-bas, à côté d'elle. Parce que bon... ce n'est pas tous les jours qu'on se croise dans les couloirs de métro. Ca a quelque chose d'étrange et de vaguement intimidant. Alors, j'ai tourné un peu en rond, cherchant à découvrir la nature exacte des marques humides sur le sol et hésitant entre le sang, la bave et le vomi jusqu'à l'arrivée de mon métro.

Mon double, qu'entre temps j'avais un peu oublié, s'est alors levé et nous nous sommes retrouvées nez-à-nez. J'ai cherché son regard avec une pointe d'appréhension - proprement inutile, l'appréhension, puisque je semblais l'intéresser à peu près autant qu'une limace sur un trottoir, qu'on ne voit que parce qu'on veut s'éviter la sensation glauque de l'écrasement de mollusque. J'ai été fascinée de ne rien y trouver de familier. Ce n'était pas J., de journalisme, à qui elle m'avait fait penser l'espace d'un instant, ni personne de l'école, ni C., que j'ai vue quelques fois en concert. Non... rien... Si ce n'est moi! On est entrées dans le même wagon, descendues à la même station et quand j'ai vu qu'elle fouillait son sac à la recherche de ses clés de voiture, dans l'escalator, j'ai vraiment halluciné.

Elle a filé dans son auto bleue, j'ai récupéré la mienne, rouge, et c'est tout... Je l'ai regardée partir, les écouteurs vissés sur les oreilles, tandis que j'enlevais les miens. Et... C'est tout... Après, j'ai passé le reste de la journée à tenter de récupérer d'une innénarable séance de critique ciné nocturne, constaté que le dafalgan à avaler ressemblait vachement à une pillule d'extasy, eu très envie de me remettre à écrire, comme à chaque fois que je vois M., et beaucoup souri, à l'idée que mon double existe quelque part et qu'elle s'ignore complètement. Huhuhu. C'est dingue!

samedi, août 04, 2007

Adulescente

J'ai décidé de grandir. Ca m'a pris comme ça...
J'avais passé la matinée à traînasser, à grignotter, à me laver. Puis j'avais fini sur le net, à surfer sur les blogs de ses amis. Avide, je suis dans ces cas-là. Et pas peu fière. Parce que je les débusque toute seule, les blogs. Au feeling. Il suffit de bien choisir les mots à taper sur Google et ça marche. Trop chouette! Lui, évidemment, il ne le sait pas. Personne ne le sait. J'agis en cachette, dans ces moments-là, comme une cambrioleuse tapie dans l'ombre. Je me fais voleuse de mots et d'émotions. Un jour, sans doute, lui aussi se retrouvera ici. S'il est curieux, il finira par savoir... Alors, il me trouvera comme je suis, adolescente attardée qui se regarde le nombril. Moui...
Mais c'est fini, tout ça. Fini! Parce que j'ai décidé de grandir...
A partir de demain, je vous parle des fluctuations de la bourse et du réchauffement climatique.
Qu'on se le dise!
(Sisi, j'y crois...)